vendredi, 10 février 2006
MEMOIRES DU QUARTIER VERT 2002-2006
Episode 1
Tout commença à l’été 2002 avec le lancement du projet de « Quartier Vert » Alésia. C’est à ce moment que furent créés les premiers changements de sens dans les rues du quartier afin, selon la Mairie, de lutter contre les itinéraires « malins » des méchants automobilistes et ramener ceux-ci uniquement sur les axes majeurs. Cette première phase fut un désastre assez total pour les habitants du quartier en créant des surplus de circulation dans certaines rues ou en rallongeant les temps de parcours dans le quartier. C’est durant cette phase que certains habitants arrivaient à 20 m de leur garage mais tombaient sur un sens interdit et devaient parcourir de 1 à 2 km pour rejoindre leur garage. Vu de la lorgnette du bas de la rue du Père Corentin, ce changement fut somme toutes assez bénéfique : à cause des sens interdits, la rue du Père Corentin ne pouvant plus être utilisée pour joindre la rue d’Alésia à la porte d’Orléans, le trafic se réduisit considérablement. Ceci se fit au détriment des habitants de l’avenue René Coty par exemple. Rappelons que le budget « Quartier Vert » Alésia – Tombe-Issoire fut de 3 millions d’euros… Des associations et collectifs se montèrent.
-> Bilan 2002 : 3 millions d’euros dépensés pour des embouteillages partout, un plan de circulation digne de notre cher Raymond Devos pour la tranquillité de quelques « happy few ».
Saison 2003 – Episode 2
Comme le plan de circulation de 2002 n’allait pas, il fallut donc tout changer à l’été 2003 et c’est là que les choses se gâtèrent pour moi et mes voisins. Sans aucune concertation ni information préalable, malgré les dires de la Mairie, nous apprîmes par affiche le dernier samedi de juillet que des travaux commenceraient le lundi suivant notamment dans la rue du Père Corentin pour :
- réaliser une piste cyclable tout le long de la rue du Père Corentin
- réaliser un couloir de bus à contresens rue du Père Corentin entre le boulevard Jourdan et le dépôt de bus RATP du 73, rue du Père Corentin.
Le couloir de bus à contresens pour le retour des bus au dépôt avait existé jusqu’en 1991. Depuis 1991, les bus 28 et 38 desservaient au retour la rue d’Alésia, puis la rue de la Tombe-Issoire et la rue du Père Corentin. Ainsi, ceux qui rentraient au dépôt le faisaient simplement après le terminus d’arrivée face au dépôt et ceux qui reprenaient le service tournaient à droite dans l’avant-cour RATP et le terminus de départ des bus 28 et 38. C’était bien et permettait une bonne desserte du quartier. La Mairie et la RATP décidèrent le programme « Mobilien » pour le 38 et ainsi, le 38 resta sur l’avenue du Général Leclerc pour tourner à gauche rue Beaunier en coupant la circulation. Sans explication, le 28 suivit le même chemin. Les habitants de la rue Beaunier râlèrent donc car il passait selon leurs dires presque 400 bus par jour dans leur petit bout de rue.
Le projet de couloir de bus rue du Père Corentin avait 2 objectifs : 1 immédiat et 1 à moyen terme.
Le projet immédiat avait pour but que les bus du dépôt autres que les 28 et 38 rentrent au dépôt par le couloir à contresens de la rue du Père Corentin. Cela concernait les bus 21, 67, 88, 297 et Noctambus J à l’époque.
Le projet à moyen terme (2007-2009) semble prévoir que les 28 et 38 restent sur l’avenue du Gal Leclerc, traversent la Porte d’Orléans (comme si elle n’était pas assez chargée) et retournent au dépôt par l’avenue Paul Appell et la rue Henri Barboux puis la rue du Père Corentin, CQFD.
Fin 2003, une réunion discrète se tint entre la Mairie, la RATP et l’association « Beaunier Vert » à ce sujet. M’étant invité (au culot) à cette réunion, je fis remarquer que je trouvais choquant que l’on transforme le bout de la rue du Père Corentin en autoroute à autobus. Le projet s’inscrit dans le cadre d’une requalification de la Porte d’Orléans qui se fera probablement au moment de l’extension de la ligne 4 du métro.
Les travaux de construction du couloir de bus durèrent 2 mois pendant août et septembre 2003 en pleine canicule. Pendant que nos vieux mouraient de soif et de chaud dans leurs appartements surchauffés, les travaux rue du Père Corentin, eux, tournaient à plein régime de jour et même parfois de nuit. Luttant contre des températures atteignant 38°C dans mon appartement, il fut très dur de subir aussi des travaux la nuit. L’été 2003 fut un cauchemar de canicule et de travaux pendant que nos élus étaient injoignables puisque partis en vacances.
Au retour des vacances, avec mes voisins, j’exposai à l’élue en charge de la circulation et des transports, Mme G. Bellenger, les problèmes vécus et les inquiétudes pour l’avenir de notre bout de rue. Je lui remis une pétition contre le couloir de bus signée par plus de 50 personnes. Ce fut sans effet. Officiellement, nous faisions partie du Quartier Vert et de ses bienfaits.
Au moins de novembre, il y eut même des sujets sur le Quartier Vert dans l’émission « Combien ça coûte » de TF1 ainsi que dans « Zone Interdite » de M6. Le Maire de Paris les rejeta d’un revers de la main comme manipulation politique.
-> Bilan 2003 : nous finîmes 2003 éreintés par les travaux pendant la canicule et le bruit ; les conducteurs de bus des 21, 67, 297, J rentraient au dépôt par la rue du Père Corentin. Ils roulaient à des vitesses excessives au mépris de la sécurité et utilisaient leur klaxon à toute occasion et à toute heure du jour et de la nuit. Nous essayâmes de discuter avec notre voisin RATP du bruit et de la vitesse des bus. Sans succès.
Saison 2004- 2005 – Episode 3
Je pensais que nous en avions fini maintenant que nous avions une belle autoroute à bus sous nos fenêtres doublé d’une belle piste cyclable ou passent un maximum de 5 vélos par jour. Nous avions presque fini par nous habituer au bruit des bus de la RATP quand débutèrent…les travaux du Tramway des Maréchaux.
2004 fut peut-être l’année la plus calme. Les mesures se prenaient pour la construction du Tramway et ainsi la première partie de 2004 fut relativement tranquille. En deuxième partie de 2004, se firent les travaux de déplacement des canalisations sur le boulevard des Maréchaux afin de préparer l’arrivée du Tramway. Cela créa beaucoup d’embouteillages très bruyants à la Porte d’Orléans et sur les Maréchaux.
En 2005, commencèrent les gros travaux du Tramway. Depuis, les travaux se poursuivirent sans relâche à un rythme effréné tous les jours ainsi que de nombreuses nuits et week-ends. En effet, sous couvert de ne pas perturber la circulation (dans l’état où celle-ci se trouve, un peu plus ou un peu moins), certains gros travaux du Tramway se sont déroulés la nuit en 2005 et 2006. Cela a signifié des bruits de camions qui reculent en faisant « bip-bip-bip… », d’ouvriers qui parlent fort, d’engins de chantier qui cassent des pierres. Un jour, il y eut même un brouillard puant et étouffant rue du Père Corentin à cause de la poussière engendrée par la découpe bruyante de dalles de pierre. La seule bonne nouvelle fut la suppression temporaire du couloir de bus mentionné plus haut.
A chaque nuisance nocturne, j’appelai la Police du 14ème pour faire constater le tapage. Chaque fois, ils refusèrent de venir dans la mesure où la préfecture avait à chaque fois donné toutes les autorisations de travail la nuit. Cette impression déplaisante d’être le pot de terre contre le pot de fer…que nous ne pourrons que subir…et même pas en silence.
Je m’investis aussi dans le Conseil de Quartier Jean-Moulin Porte d’Orléans toujours avec l’espoir de changer les choses mais déchantai rapidement. Notre conseil de Quartier semble peu se préoccuper de ses concitoyens qui souffrent d’un environnement dégradé. Les Conseils de Quartier (tout de moins celui que je connais) seraient-ils des faire-valoir pour nous croire que l’on peut choisir notre environnement ? Ceux que je connais sont sur la même longueur d’onde que la Mairie…et n’ont aucune influence à part faire planter deux ou trois arbres…
Ce serait être incomplet si je ne mentionnais pas les hélicoptères, les voitures de police toutes sirènes hurlantes dans la nuit ainsi que nos amis voisins de la RATP pour qui l’usage du klaxon est un sport et enfin un groupe de SDF particulièrement embarrassant que nous eûmes grand mal à faire partir de la rue du Père Corentin.
-> Bilan : le bruit nous épuise toujours, il faudrait songer à déménager mais la tentation est forte de tenir jusqu’à 2008 puisque seul l’isoloir permettra de régler les comptes…
Saison 2006 – Episode 4
Les dernières nuits difficiles se sont déroulées il y a quelques jours avec la pause des mâts du Tramway. Il y a l’espoir futile de penser que le plus dur est derrière nous et que c’est fini.
Eh bien, non ! La Mairie casse encore une fois la rue du Père Corentin entre la rue Paul Fort et le boulevard Jourdan, pour des travaux liés au chauffage urbain. Le 2 février, entre le 66 et le 77, le séparateur de piste cyclable a été démonté et j’ai appris la nature des travaux par le bouche à oreille. En effet, la Mairie pratique l’information sélective. Dans mon immeuble par exemple, certains habitants ont reçu l’information sur les travaux par courrier de la Mairie, d’autres comme moi, non.
Depuis le 7 février, c’est donc reparti pour une durée de 3 mois avec les bruits de marteaux-piqueurs, d’embouteillages, etc.
Le problème est que depuis 2003, cela va faire 3 fois qu’on fait et défait la rue du Père Corentin entre le 66 et le 77. Clairement, les travaux du Tramway de 2004-2005 nécessiteraient des travaux de chauffage urbain dans cette rue, alors pourquoi avoir fait quand même la piste cyclable en 2003, en sachant qu’il faudrait la casser ? Tout ça dépense beaucoup d’argent public et il serait temps que la Mairie communique clairement le coût de tous ces travaux. Dans une entreprise privée, les responsables d’une telle gabegie auraient été remerciés depuis longtemps.
Après 2006 – La fin du cauchemar ou le début d’un nouveau ?
Selon les dires de la Mairie et sa belle propagande sur papier glacé, il est beau, magnifique et écologique et arrive à la fin de l’année : c’est le Tramway. Ce serait donc la fin de nos souffrances ? Je crains bien que non :
1. Il nous reste au moins 8 mois à souffrir jusqu’à l’inauguration en grande pompe du Tramway, à moins que les travaux ne trainent pour que les inaugurations s’adaptent à des échéances électorales ?
2. Ensuite, il y aura les embouteillages terribles dus au cycle très compliqué des feux donnant toujours la priorité au Tramway dans les carrefours et au rétrécissement des files de circulation de voitures ?
3. Les travaux de prolongation de la ligne 4 vont monter en puissance avec de grosses perturbations Porte d’Orléans et le projet pharaonique de « requalification » de la Porte d’Orléans en espace intermodal de transport (c’est du Mairie de Paris / RATP dans le texte) ?
4. Toujours plus, n’oublions pas que la Mairie caresse toujours le rêve de la requalification de l’avenue du Gal Leclerc en quelque chose genre boulevard Saint-Marcel ou boulevard Montparnasse, ce qui est réjouissant ?
5. Enfin, la Mairie a certainement plus d’un projet non encore dévoilé en stock et je ne doute pas qu’elle ait encore d’autres surprises que nous n’imaginons même pas ?
Conclusion
Habitant depuis 1993 un quartier que j’aime beaucoup, je suis effrayé de voir comment en à peine 5 ans, la municipalité l’a détruit à tous niveaux pour, selon un concept cher au Maire de Paris, le transformer en quartier « Sympa » :
- Sous prétexte de diminuer la place de la voiture, le Maire de Paris a provoqué une guerre d’usure contre les automobilistes ce qui a engendré des embouteillages monstres qui font que la pollution est certainement pire qu’avant,
- Des travaux se font, se défont et se refont sans aucune logique apparente,
- Les commerces traditionnels du quartier vert sont en train de mourir malgré une propagande de commande qui dit le contraire. Par exemple, il n’y a plus aucun kiosque à journaux dans le secteur de la Porte d’Orléans,
- Une minorité dort au calme pendant que les autres souffrent,
- L’insécurité augmente,
- Nous aurons des travaux au moins jusqu’en 2009 ?
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MEMOIRES DU QUARTIER VERT 2003-2006
Tout commença à l’été 2002 avec le lancement du projet de « Quartier Vert » Alésia. C’est à ce moment que furent créés les premiers changements de sens dans les rues du quartier afin, selon la Mairie, de lutter contre les itinéraires « malins » des méchants automobilistes et ramener ceux-ci uniquement sur les axes majeurs. Cette première phase fut un désastre assez total pour les habitants du quartier en créant des surplus de circulation dans certaines rues ou en rallongeant les temps de parcours dans le quartier. C’est durant cette phase que certains habitants arrivaient à 20 m de leur garage mais tombaient sur un sens interdit et devaient parcourir de 1 à 2 km pour rejoindre leur garage. Vu de la lorgnette du bas de la rue du Père Corentin, ce changement fut somme toutes assez bénéfique : à cause des sens interdits, la rue du Père Corentin ne pouvant plus être utilisée pour joindre la rue d’Alésia à la porte d’Orléans, le trafic se réduisit considérablement. Ceci se fit au détriment des habitants de l’avenue René Coty par exemple. Rappelons que le budget « Quartier Vert » Alésia – Tombe-Issoire fut de 3 millions d’euros… Des associations et collectifs se montèrent.
-> Bilan 2002 : 3 millions d’euros dépensés pour des embouteillages partout, un plan de circulation digne de notre cher Raymond Devos pour la tranquillité de quelques « happy few ».
Saison 2003 – Episode 2
Comme le plan de circulation de 2002 n’allait pas, il fallut donc tout changer à l’été 2003 et c’est là que les choses se gâtèrent pour moi et mes voisins. Sans aucune concertation ni information préalable, malgré les dires de la Mairie, nous apprîmes par affiche le dernier samedi de juillet que des travaux commenceraient le lundi suivant notamment dans la rue du Père Corentin pour :
- réaliser une piste cyclable tout le long de la rue du Père Corentin
- réaliser un couloir de bus à contresens rue du Père Corentin entre le boulevard Jourdan et le dépôt de bus RATP du 73, rue du Père Corentin.
Le couloir de bus à contresens pour le retour des bus au dépôt avait existé jusqu’en 1991. Depuis 1991, les bus 28 et 38 desservaient au retour la rue d’Alésia, puis la rue de la Tombe-Issoire et la rue du Père Corentin. Ainsi, ceux qui rentraient au dépôt le faisaient simplement après le terminus d’arrivée face au dépôt et ceux qui reprenaient le service tournaient à droite dans l’avant-cour RATP et le terminus de départ des bus 28 et 38. C’était bien et permettait une bonne desserte du quartier. La Mairie et la RATP décidèrent le programme « Mobilien » pour le 38 et ainsi, le 38 resta sur l’avenue du Général Leclerc pour tourner à gauche rue Beaunier en coupant la circulation. Sans explication, le 28 suivit le même chemin. Les habitants de la rue Beaunier râlèrent donc car il passait selon leurs dires presque 400 bus par jour dans leur petit bout de rue.
Le projet de couloir de bus rue du Père Corentin avait 2 objectifs : 1 immédiat et 1 à moyen terme.
Le projet immédiat avait pour but que les bus du dépôt autres que les 28 et 38 rentrent au dépôt par le couloir à contresens de la rue du Père Corentin. Cela concernait les bus 21, 67, 88, 297 et Noctambus J à l’époque.
Le projet à moyen terme (2007-2009) semble prévoir que les 28 et 38 restent sur l’avenue du Gal Leclerc, traversent la Porte d’Orléans (comme si elle n’était pas assez chargée) et retournent au dépôt par l’avenue Paul Appell et la rue Henri Barboux puis la rue du Père Corentin, CQFD.
Fin 2003, une réunion discrète se tint entre la Mairie, la RATP et l’association « Beaunier Vert » à ce sujet. M’étant invité (au culot) à cette réunion, je fis remarquer que je trouvais choquant que l’on transforme le bout de la rue du Père Corentin en autoroute à autobus. Le projet s’inscrit dans le cadre d’une requalification de la Porte d’Orléans qui se fera probablement au moment de l’extension de la ligne 4 du métro.
Les travaux de construction du couloir de bus durèrent 2 mois pendant août et septembre 2003 en pleine canicule. Pendant que nos vieux mouraient de soif et de chaud dans leurs appartements surchauffés, les travaux rue du Père Corentin, eux, tournaient à plein régime de jour et même parfois de nuit. Luttant contre des températures atteignant 38°C dans mon appartement, il fut très dur de subir aussi des travaux la nuit. L’été 2003 fut un cauchemar de canicule et de travaux pendant que nos élus étaient injoignables puisque partis en vacances.
Au retour des vacances, avec mes voisins, j’exposai à l’élue en charge de la circulation et des transports, Mme G. Bellenger, les problèmes vécus et les inquiétudes pour l’avenir de notre bout de rue. Je lui remis une pétition contre le couloir de bus signée par plus de 50 personnes. Ce fut sans effet. Officiellement, nous faisions partie du Quartier Vert et de ses bienfaits.
Au moins de novembre, il y eut même des sujets sur le Quartier Vert dans l’émission « Combien ça coûte » de TF1 ainsi que dans « Zone Interdite » de M6. Le Maire de Paris les rejeta d’un revers de la main comme manipulation politique.
-> Bilan 2003 : nous finîmes 2003 éreintés par les travaux pendant la canicule et le bruit ; les conducteurs de bus des 21, 67, 297, J rentraient au dépôt par la rue du Père Corentin. Ils roulaient à des vitesses excessives au mépris de la sécurité et utilisaient leur klaxon à toute occasion et à toute heure du jour et de la nuit. Nous essayâmes de discuter avec notre voisin RATP du bruit et de la vitesse des bus. Sans succès.
Saison 2004- 2005 – Episode 3
Je pensais que nous en avions fini maintenant que nous avions une belle autoroute à bus sous nos fenêtres doublé d’une belle piste cyclable ou passent un maximum de 5 vélos par jour. Nous avions presque fini par nous habituer au bruit des bus de la RATP quand débutèrent…les travaux du Tramway des Maréchaux.
2004 fut peut-être l’année la plus calme. Les mesures se prenaient pour la construction du Tramway et ainsi la première partie de 2004 fut relativement tranquille. En deuxième partie de 2004, se firent les travaux de déplacement des canalisations sur le boulevard des Maréchaux afin de préparer l’arrivée du Tramway. Cela créa beaucoup d’embouteillages très bruyants à la Porte d’Orléans et sur les Maréchaux.
En 2005, commencèrent les gros travaux du Tramway. Depuis, les travaux se poursuivirent sans relâche à un rythme effréné tous les jours ainsi que de nombreuses nuits et week-ends. En effet, sous couvert de ne pas perturber la circulation (dans l’état où celle-ci se trouve, un peu plus ou un peu moins), certains gros travaux du Tramway se sont déroulés la nuit en 2005 et 2006. Cela a signifié des bruits de camions qui reculent en faisant « bip-bip-bip… », d’ouvriers qui parlent fort, d’engins de chantier qui cassent des pierres. Un jour, il y eut même un brouillard puant et étouffant rue du Père Corentin à cause de la poussière engendrée par la découpe bruyante de dalles de pierre. La seule bonne nouvelle fut la suppression temporaire du couloir de bus mentionné plus haut.
A chaque nuisance nocturne, j’appelai la Police du 14ème pour faire constater le tapage. Chaque fois, ils refusèrent de venir dans la mesure où la préfecture avait à chaque fois donné toutes les autorisations de travail la nuit. Cette impression déplaisante d’être le pot de terre contre le pot de fer…que nous ne pourrons que subir…et même pas en silence.
Je m’investis aussi dans le Conseil de Quartier Jean-Moulin Porte d’Orléans toujours avec l’espoir de changer les choses mais déchantai rapidement. Notre conseil de Quartier semble peu se préoccuper de ses concitoyens qui souffrent d’un environnement dégradé. Les Conseils de Quartier (tout de moins celui que je connais) seraient-ils des faire-valoir pour nous croire que l’on peut choisir notre environnement ? Ceux que je connais sont sur la même longueur d’onde que la Mairie…et n’ont aucune influence à part faire planter deux ou trois arbres…
Ce serait être incomplet si je ne mentionnais pas les hélicoptères, les voitures de police toutes sirènes hurlantes dans la nuit ainsi que nos amis voisins de la RATP pour qui l’usage du klaxon est un sport et enfin un groupe de SDF particulièrement embarrassant que nous eûmes grand mal à faire partir de la rue du Père Corentin.
-> Bilan : le bruit nous épuise toujours, il faudrait songer à déménager mais la tentation est forte de tenir jusqu’à 2008 puisque seul l’isoloir permettra de régler les comptes…
Saison 2006 – Episode 4
Les dernières nuits difficiles se sont déroulées il y a quelques jours avec la pause des mâts du Tramway. Il y a l’espoir futile de penser que le plus dur est derrière nous et que c’est fini.
Eh bien, non ! La Mairie casse encore une fois la rue du Père Corentin entre la rue Paul Fort et le boulevard Jourdan, pour des travaux liés au chauffage urbain. Le 2 février, entre le 66 et le 77, le séparateur de piste cyclable a été démonté et j’ai appris la nature des travaux par le bouche à oreille. En effet, la Mairie pratique l’information sélective. Dans mon immeuble par exemple, certains habitants ont reçu l’information sur les travaux par courrier de la Mairie, d’autres comme moi, non.
Depuis le 7 février, c’est donc reparti pour une durée de 3 mois avec les bruits de marteaux-piqueurs, d’embouteillages, etc.
Le problème est que depuis 2003, cela va faire 3 fois qu’on fait et défait la rue du Père Corentin entre le 66 et le 77. Clairement, les travaux du Tramway de 2004-2005 nécessiteraient des travaux de chauffage urbain dans cette rue, alors pourquoi avoir fait quand même la piste cyclable en 2003, en sachant qu’il faudrait la casser ? Tout ça dépense beaucoup d’argent public et il serait temps que la Mairie communique clairement le coût de tous ces travaux. Dans une entreprise privée, les responsables d’une telle gabegie auraient été remerciés depuis longtemps.
Après 2006 – La fin du cauchemar ou le début d’un nouveau ?
Selon les dires de la Mairie et sa belle propagande sur papier glacé, il est beau, magnifique et écologique et arrive à la fin de l’année : c’est le Tramway. Ce serait donc la fin de nos souffrances ? Je crains bien que non :
1. Il nous reste au moins 8 mois à souffrir jusqu’à l’inauguration en grande pompe du Tramway, à moins que les travaux ne trainent pour que les inaugurations s’adaptent à des échéances électorales ?
2. Ensuite, il y aura les embouteillages terribles dus au cycle très compliqué des feux donnant toujours la priorité au Tramway dans les carrefours et au rétrécissement des files de circulation de voitures ?
3. Les travaux de prolongation de la ligne 4 vont monter en puissance avec de grosses perturbations Porte d’Orléans et le projet pharaonique de « requalification » de la Porte d’Orléans en espace intermodal de transport (c’est du Mairie de Paris / RATP dans le texte) ?
4. Toujours plus, n’oublions pas que la Mairie caresse toujours le rêve de la requalification de l’avenue du Gal Leclerc en quelque chose genre boulevard Saint-Marcel ou boulevard Montparnasse, ce qui est réjouissant ?
5. Enfin, la Mairie a certainement plus d’un projet non encore dévoilé en stock et je ne doute pas qu’elle ait encore d’autres surprises que nous n’imaginons même pas ?
Conclusion
Habitant depuis 1993 un quartier que j’aime beaucoup, je suis effrayé de voir comment en à peine 5 ans, la municipalité l’a détruit à tous niveaux pour, selon un concept cher au Maire de Paris, le transformer en quartier « Sympa » :
- Sous prétexte de diminuer la place de la voiture, le Maire de Paris a provoqué une guerre d’usure contre les automobilistes ce qui a engendré des embouteillages monstres qui font que la pollution est certainement pire qu’avant,
- Des travaux se font, se défont et se refont sans aucune logique apparente,
- Les commerces traditionnels du quartier vert sont en train de mourir malgré une propagande de commande qui dit le contraire. Par exemple, il n’y a plus aucun kiosque à journaux dans le secteur de la Porte d’Orléans,
- Une minorité dort au calme pendant que les autres souffrent,
- L’insécurité augmente,
- Nous aurons des travaux au moins jusqu’en 2009 ?
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jeudi, 08 décembre 2005
Un voisin bruyant
Dans votre immeuble, si votre voisin fait du bruit jusqu'à pas d'heure, vous pouvez dans l'ordre,
- lui demander de vous inviter à sa fête,
- lui demander de baisser le son,
- lui ordonner de baisser le son,
- appeler la police pour qu'il cesse.
Mais si votre voisin s'appelle RATP, la situation devient tout de suite plus délicate. Voisin du dépôt de la rue du Père Corentin depuis de nombreuses années, la situation s'est fortement détériorée depuis 2003. Depuis l'été 2003, les nuisances de mon voisin bien encombrant ont augmenté. Une majorité de conducteurs d'autobus, utilise l'avertisseur sonore encore appelé klaxon. De plus sur les autobus, c'est autre chose que le klaxon de mon auto; le leur s'apparente plutôt à une grosse corne de brume.
Ainsi, ils klaxonnent jour et nuit, pour un oui ou pour un non, juste parce qu'ils doivent se sentir tout puissants dans leurs gros bus qui au demeurant sentent très mauvais...
Que faire? Leur rappeler que klaxonner sans raison valable liée à une situation critique est contraire au code de la route? Il semble que cela les préoccupe bien peu.
Dernière en date: des plaques métalliques au sol couvrent des travaux de canalisations et chaque fois qu'un bus roule dessus, cela fait un bruit d'enfer. Ci-dessous, copie du mail au directeur du dépôt et à la Mairie:
From: Laurent xxxxxxxx
Sent: jeudi 8 décembre 2005 14:13
To: 'xxxxxxx.xxxxxxxxxx@ratp.fr'
Cc: 'Bellenger, Genevieve'; 'xxxxxxxx.xxxxxx@paris.fr'
Subject: Plaques métalliques très bruyantes au sol, 73 rue du Père Corentin
Monsieur,
Je suis un riverain du xx, rue du Père Corentin et nous nous étions déjà rencontrés en février au dépôt de bus RATP du 73, rue du Père Corentin.
Je souhaiter amener à connaissance un problème sérieux de bruit qui persiste depuis déjà plusieurs jours. En effet, il semble que des travaux de canalisations soient faits à l’entrée du dépôt de bus, à la limite entre la rue et votre dépôt. A l’occasion de ces travaux, des plaques métalliques ont été déposées sur le sol pour faciliter, je suppose, le passage des autobus.
Lorsqu’un autobus roule sur ces plaques, cela provoque un bruit très important augmenté du fait que cela fait aussi vibrer les barrières métalliques dues à ces travaux.
Cette nuisance dure déjà depuis plusieurs jours et ce de jour comme de nuit. Cela est très pénible pour vos voisins que nous sommes.
Je me permets de vous demander de prendre des mesures rapides et efficaces afin de faire cesser ce bruit dans les plus courts délais.
J’attends de votre part une réponse à mon mail ainsi qu’une action très rapide, faute de quoi je ferai constater la nuisance par un huissier de justice pour donner les suites nécessaires.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de recevoir mes meilleures salutations,
14:30 Publié dans Nuisances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Quartiers Verts


